Qui serait entraîneur de la défense de nos jours ?
Personne sans une haute tolérance à la douleur, surtout lorsqu’il s’agit d’arrêter des équipes comme la France. Les 32 points marqués par la France contre les All Blacks la semaine dernière constituent le plus petit nombre de points marqués toute l’année.
Ils ont marqué 36 contre l’Irlande, 54 contre le Pays de Galles, 33 contre l’Italie, 40 contre l’Écosse et 48 contre l’Angleterre. Les Bleus marquent en moyenne 40,5 points par match cette année, et peu importe qui ils choisissent en défense.
L’entraîneur des Wallabies, Joe Schmidt, s’inquiète à juste titre des dégâts que les meneurs de jeu Romain Ntamack et Matthieu Jalibert pourraient causer samedi à Brisbane, mais la meilleure arme de la France réside dans la manière dont ils sont entraînés.
Jetez un œil à la séquence de passes qui a conduit à l’essai de l’ailier Theo Attissogbe à la 58e minute contre les All Blacks à Christchurch.
Après une cassure sur le bord gauche, cela s’est déroulé ainsi : demi-arrière au pilier, au n°10, au flanc, à un autre pilier, à un deuxième rameur, au centre puis à Attissogbe.
Malgré le jeu impliquant trois attaquants serrés, les All Blacks n’ont mis la main sur aucun des joueurs lors de ce raid offensif.
Espérons que les bonnes personnes de Rugby Australia examinent de près cette séquence et posent des questions difficiles sur la manière dont les joueurs australiens sont entraînés.
Peu d’équipes de Super Rugby, voire aucune, auraient marqué cet essai. Pourquoi? Parce qu’après la pause initiale, les attaquants se seraient rassemblés dans un « groupe » pré-planifié et auraient pris contact, perdant ainsi une phase.
Finalement, le ballon aurait pu être ramené vers le n°10 pour un coup de pied croisé, mais à ce moment-là, le pourcentage de jeu serait inférieur.
C’était également révélateur de la façon dont les All Blacks ont tenté de défendre cet essai. Ils ont tous avancé, pas latéralement, car ils sont tellement habitués à ce que leurs adversaires prennent contact plutôt que de chercher de l’espace.
Cela signifie que le numéro 13 français Fabien Brau-Boirie a facilement battu Ardie Savea à l’extérieur. Les All Blacks n’étaient tout simplement pas habitués à la manière dont les Français attaquent.
Surtout, tout cela vient du coaching et de l’état d’esprit de la France, et non d’un ensemble de compétences impossibles. Aucune des passes courtes des joueurs français n’a été particulièrement difficile à exécuter – elles étaient toutes à la portée des joueurs australiens.
Mais jusqu’à ce que les équipes de Wallabies et de Super Rugby se libèrent de leur propre chaîne métaphorique de coaching robotique et structuré, l’essai marqué par Attissogbe restera hors de portée.
Cette révolution n’aura pas lieu ce week-end, alors comment les Wallabies peuvent-ils arrêter les Français lors du deuxième Test du Championnat des Nations ?
Avec beaucoup de difficulté, ce qui signifie qu’ils devront les surpasser au lieu d’essayer de les faire taire.
L’Angleterre a adopté cette approche lors du test final des Six Nations et a presque réussi. L’Angleterre a marqué 46 points à Paris et n’a sans doute pas eu de chance de perdre.
Ils l’ont fait en faisant fi de toute prudence dans un match remarquable, et il est très difficile de voir les Wallabies gagner à moins qu’ils n’empruntent au moins une partie de cette ambition.
En conséquence, les pertes de Carter Gordon et Ben Donaldson sont un coup dur. Il y a eu de bons signes en attaque de la part des Wallabies contre l’Irlande la semaine dernière, notamment en première mi-temps.
Le jeu de course de Gordon aurait troublé les Français. Les All Blacks ont réussi à créer de l’espace pour le n°10 Ruben Love lors de leurs attaques de première phase le week-end dernier, mais c’est une grande demande de Declan Meredith d’être aussi affirmé lors de ses débuts en Test sur une grande scène.
Mais si les Wallabies veulent faire un grand pas en avant vers la Coupe du Monde de Rugby l’année prochaine, ils doivent s’inspirer de la France.
Revenez à cette séquence de passes en France et insérez à la place les noms des attaquants des Wallabies : Angus Bell, Fraser McReight, Taniela Tupou et Josh Canham. Vous ne pouvez pas me dire que ces types sont incapables d’utiliser leurs compétences pour faire le lien entre les avants et les arrières.
Dans le monde du test rugby d’aujourd’hui, axé sur l’attaque, la fortune sourit aux courageux.