Hans van Leeuwen
Bernard Arnault, l’homme le plus riche d’Europe, a rejeté les affirmations selon lesquelles il n’embaucherait pas de « gros » dans une lettre ridiculisant l’enquête d’un journal sur son empire commercial.
Journalistes d’un journal de gauche Le Monde a fait cette déclaration après avoir visité le siège parisien de LVMH, le conglomérat de produits de luxe qu’Arnault, 77 ans, a fondé il y a 40 ans.
« Les femmes se tiennent droites, et sont pour la plupart jeunes, jolies et minces. On ne croise pas une seule salariée en surpoids ou mal habillée », écrivent Raphaëlle Bacque et Vanessa Schneider, reporters, dans leur série en six épisodes sur la famille Arnault.
Dans une réponse de trois pages publiée sur le compte X de LVMH, Arnault a déclaré : « Je présente mes excuses aux lecteurs pour cet échec de la diversité corporelle et j’en parlerai lundi à la cantine de l’entreprise. »
Le MondeLes rapports de M. Arnault qualifiaient Arnault d’« amoureux des arts et des allégements fiscaux ». Le milliardaire et PDG de LVMH, dont la fortune est estimée par Bloomberg à 158 milliards de dollars (226 milliards de dollars), se bat actuellement contre une facture fiscale de 23 millions d’euros (37,4 millions de dollars).
Il a critiqué l’année dernière Gabriel Zucman, l’économiste parisien, pour avoir proposé un impôt sur la fortune.
Le Monde a également affirmé que les cinq enfants d’Arnault, qui travaillent tous chez LVMH, étaient conduits par Successionrivalités et querelles de style. Tous les cinq occupent des postes de direction au sein de l’entreprise, mais aucun n’est l’héritier présomptif.
La discorde présumée inclurait une inimitié de longue date entre sa seconde épouse, Hélène Mercier-Arnault, pianiste de concert née au Canada, et son gendre, le milliardaire des télécommunications Xavier Niel, qui siège au conseil d’administration de Le Monde.
Arnault a pris ces affirmations à la légère, qualifiant sa famille d’« unie ». Il a déclaré que les journalistes avaient transformé sa famille composée de « cinq fortes personnalités » en « un opéra italien ».
« Chez les Arnault, apparemment, on ne discute pas, on complote », dit Arnault. « On ne délibère pas, on rivalise… Ce que, dans une famille ordinaire, on appelle un dimanche, s’appelle, dans la nôtre, une intrigue. »
LVMH est la plus grande entreprise française en termes de capitalisation boursière et possède certaines des marques les plus connues au monde, notamment Louis Vuitton, Moët Hennessy, Christian Dior, Tiffany et Bulgari.
Arnault a également tenté de racheter la marque de luxe rivale Hermès en 2010, déclenchant une bataille de quatre ans entre entreprises connue sous le nom de « guerre des sacs à main ».
Le Monde a rapporté que les cravates Hermès avaient été interdites dans la suite d’Arnault au siège de LVMH.
Les journalistes écrivent : » Même un visiteur occasionnel ne se présenterait pas dans le bureau de Monsieur avec une cravate Hermès. Un assistant vous en remettrait une autre avant même d’atteindre l’ascenseur. «
Arnault a précisé que les visiteurs ne se voyaient pas confisquer leur cravate : « Nous les laissons les garder. Nous en proposons simplement une deuxième, plus discrète, pour l’ascenseur. Question de savoir-vivre ».
« J’ajoute, sous le sceau du secret, que j’en possède plusieurs. »
Arnault a dit Le Monde avait fait un reportage plus favorable sur la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, même si lui et sa famille avaient davantage coopéré avec les deux journalistes.
« Je vous soupçonne très clairement d’avoir puni la transparence », a-t-il écrit en s’adressant directement aux journalistes. « Que cela serve de leçon pour vos prochains sujets. »
Mais il a déclaré qu’il ne résilierait pas son abonnement à Le Monde. « Rassurez-vous, je continuerai à faire les mots croisés du Monde. Ça, au moins, c’est excellent. »
Télégraphe, Londres