Je suis agenouillé sur un paddleboard dans un vaste lagon aux eaux vertes et profondes. Le bush australien m’entoure sur trois côtés comme un public géant. La planche a été savamment gonflée par mon fils et ma fille et est flottante et stable. Il vole au dessus de l’eau calme pendant que je pagaye, lisse comme un tapis volant. Le soleil de l’après-midi brille au-dessus de la colline devant moi, colorant d’orange la colonne d’eau qui s’étend comme une échelle devant ma planche. Je suis seul au milieu du lagon, mais je ne suis pas seul, entouré par le bourdonnement de la nature.
Je pourrais être n’importe où dans le monde, un explorateur intrépide sur mon fidèle embarcation, autonome avec ma pagaie. Une vie épurée à l’essentiel est séduisante, plaçant en son centre la personne, épurée de ses biens et libre. Sur mon paddleboard robuste, je suis content. J’aimerais que le lagon s’étende quatre fois sur sa longueur pour que je puisse continuer à pagayer, au-delà de la brousse qui résonne du chant des cigales dans la chaleur estivale.
Hier, nous avons nagé tôt, un tour langoureux de lagon. Les méduses transparentes pullulaient, des centaines étant visibles à environ un mètre sous la surface. Nous nous sommes frayés un chemin délicatement à travers eux, essayant de les nettoyer à coups de brasse, à la recherche de taches claires, nos pieds se posant parfois sur la douceur en forme de dôme lorsque nous donnions des coups de pied. Nous étions comme des brise-glaces, forgeant lentement un passage à travers des eaux précaires.
Cette vie en plein air est ma zone tampon entre une année et l’autre. C’est une période où je disparais des radars et des routines. Aucune voiture ni magasin n’est à proximité, juste des livres et de la famille, des chemins de terre et des mers de diamants. Les wallabies, les dindes de brousse et les goannas sont mes compagnons de jardin et les aigles de mer tournent gracieusement au-dessus, dans des boucles paresseuses haut dans le ciel. Je travaille sur la terre, balayant, ratissant, coupant avec enthousiasme les vrilles et les branches qui franchissent les sentiers. Mes progrès sont facilement mesurés par le tas croissant de feuilles et de brindilles que j’amas. Ce genre d’effort apporte un sentiment de paix.
La paix du Christ est différente ; beaucoup plus intense et puissant. C’est la paix que connaît l’enfant qui s’enfuit dans les bras d’un parent et est emporté hors du danger. La paix est la marque de la présence du Christ et de Notre-Dame, évidente dans les bons moments mais particulièrement perceptible dans les circonstances personnelles difficiles.
Si j’avais un souhait pour le monde en ces premiers jours d’une nouvelle année, ce serait celui-ci : que nous puissions ressentir la paix qu’offre le Christ et la laisser se propager de personne à personne comme la lueur d’une bougie, partout dans le monde.
Melissa Coburn est une écrivaine de Melbourne.