Il y a exactement 10 ans, 12 d'entre nous, quatre juifs, quatre chrétiens et quatre musulmans, hommes et femmes, partaient en pèlerinage, conduits par un rabbin, un prêtre catholique et un imam.
Nous nous sommes rendus à Jérusalem, une ville nommée d'après la paix mais qui a connu tant de guerres. Nous avons également visité Bethléem, où, nous dit-on, les anges chantaient la paix, mais qui a connu tant de conflits.
L'église de la Nativité à Bethléem.Crédit: Kate Geraghty
Le pèlerinage fut brillant et pionnier. Nous avons visité les sites sacrés de chacun, étudié les textes sacrés de chacun, partagé des repas et discuté de nombreuses questions, apprenant à apprécier la vérité et la bonté qui résidaient en chacun de nous.
En fait, notre amitié grandissante nous a permis d'affronter les moments sombres de l'histoire de nos traditions, tant passées que présentes, dont nous sommes parfaitement conscients.
De retour à Melbourne, nous avons donné de nombreuses conférences sur notre voyage dans différents lieux et même à la radio nationale. En conséquence, d’autres ont eu l’idée d’organiser leur propre « voyage commun vers Jérusalem ». Beaucoup d’entre nous ont été impliqués dans des activités interconfessionnelles en Australie et à l’étranger. Notre voyage en Terre Sainte a eu un effet d’entraînement.
Notre amitié s'est poursuivie et nous nous rencontrons encore trois ou quatre fois par an, en personne ou en ligne, partageant occasionnellement des repas ensemble tout en respectant toujours attentivement les exigences alimentaires de nos traditions. Nous avons même été invités à assister à des cérémonies religieuses chez chacun.
Nous sommes enthousiasmés par nos différents points de vue ; nous apprenons à être d’accord ou bien à accepter gentiment de ne pas être d’accord. Même en ces temps troublés, nous apprécions toujours la compagnie des uns et des autres.
Même si nous sommes choqués et consternés par ce qui se passe, nous ne nous blâmons pas mutuellement pour ce qui échappe à notre contrôle. Nous partageons les peurs et les chagrins de chacun et respectons les colères.
Nous pleurons les uns les autres et devenons de plus en plus sensibles aux chagrins de nos semblables.