Critique du film : Le Goût des choses

Le goût des choses ★★★★
(PG) 134 minutes

Les crises de colère et la théâtralité attachées au culte du célèbre chef suffisent à me couper l'appétit, mais j'ai trouvé un antidote dans Le goût des choses. Lui aussi vénère les arts culinaires, les plaçant au même rang que la musique, la littérature et la grande peinture, mais son ton est modeste, ses drames sans vaisselle volante.

Il s'agit du scénariste-réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hung, qui a percé sur la scène internationale avec son film primé en 1993 Le parfum de la papaye verteun autre film qui démontre un talent pour trouver de la fascination dans les moments les plus calmes de la vie.

Taste of Things vénère les arts culinaires, les plaçant au même rang que la musique, la littérature et la grande peinture.

Dans ce cas, le point de départ de Tran était un roman des années 1920, L'Épicure Passionnée de Marcel Rouff, inspiré du grand gastronome du XVIIIe siècle Brillat-Savarin, même si son scénario prend une direction différente. Rouff's Dodin est un pionnier de la tradition des chefs célèbres – un martinet qui traite ses invités comme des candidats à un examen gastronomique. Une erreur de goût et ils ne sont plus jamais invités.

Le Dodin de Tran (Benoit Magimel) est un personnage beaucoup plus calme et contemplatif. Il est également amoureux de sa collaboratrice, Eugénie (Juliette Binoche), la cuisinière qui partage son manoir de campagne et transforme ses idées en délicieuse réalité.

Ils sont dans « l'automne de leurs années » lorsque nous les rencontrons et depuis des décennies, Dodin demande en mariage à Eugénie, mais elle préfère garder une certaine indépendance, c'est-à-dire qu'elle choisit les nuits où la porte de sa chambre sera ouverte. ouvert à lui. Néanmoins, leur amour l’un pour l’autre se reflète dans chaque repas qu’ils préparent.

Juliette Binoche et Benoit Magimel dans Le Goût des choses.

Juliette Binoche et Benoit Magimel dans Le Goût des choses.

L'audace de la technique de Tran réside dans tout ce qu'il laisse de côté. Il utilise très peu de musique et ses dialogues sont épurés et précis, tout comme son intrigue. Les repas élaborés de la maison ne sont appréciés que par Dodin, Eugénie et un petit groupe d'amis proches qui partagent leur intérêt pour la nourriture.

Leur servante, Violette (Galatea Bellugi), est incluse, ainsi que sa jeune cousine Pauline (Bonnie Chagneau-Ravoire). Eugénie et Dodin ont adopté Pauline parce qu'ils réalisent qu'elle partage leur don de reconnaître les saveurs et les arômes les plus subtils.