La police fédérale australienne a ouvert une enquête sur les allégations alarmantes de militants pro-palestiniens selon lesquelles ils auraient été abusés sexuellement et brutalisés par les forces israéliennes après avoir tenté de livrer de l’aide à Gaza.
La ministre des Affaires étrangères Penny Wong a rencontré lundi après-midi à Canberra quatre participants de la flottille Global Sumud aux côtés d’officiers supérieurs de l’AFP, de responsables du ministère des Affaires étrangères et de la ministre du Développement international Anne Aly.
Les militants ont présenté un dossier sur les mauvais traitements qu’ils auraient subis pendant leur détention par Israël le mois dernier, y compris des allégations de viol, d’enlèvement et de torture.
Wong a déclaré lors des audiences du Sénat ce mois-ci qu’elle croyait les allégations des femmes, ce qu’Israël a nié.
« Ils se sont engagés à ouvrir une enquête indépendante sur nos allégations d’enlèvement, d’abus, de viol et de torture », a déclaré Juliet Lamont, l’une des militantes, après la réunion.
« C’était déchirant, c’était extrêmement émouvant. »
Lorsqu’on lui a demandé comment Wong avait réagi à leurs allégations, Lamont a répondu : « Elle a dit qu’elle nous croyait. »
La commissaire par intérim de l’AFP, Lesa Gale, était présente à la réunion, tout comme Hilda Sirec, commissaire adjointe chargée des enquêtes sur la sécurité nationale.
Une porte-parole de la police fédérale a déclaré : « L’AFP a ouvert une enquête sur les allégations d’un représentant du groupe.
« L’AFP adopte une approche centrée sur la victime et tenant compte des traumatismes.
« L’AFP fera le point en temps opportun. »
Lamont a affirmé qu’elle avait été agressée sexuellement et battue, attachée par un câble et qu’on lui avait jeté tellement d’eau au visage qu’elle pensait qu’elle allait se noyer pendant sa détention en Israël.
Elle a affirmé qu’un des soldats l’avait violée après avoir arraché son pantalon et ses sous-vêtements, et que d’autres militants y avaient inséré des armes à feu.
Patrick Keyzer, père de l’un des militants, a déclaré à propos de l’AFP : « Ils ont clairement fait savoir qu’ils mèneraient une enquête. »
Keyzer, qui a assisté à la réunion, a souligné que la police fédérale avait de l’expérience dans les enquêtes sur les crimes commis en dehors de l’Australie.
Un porte-parole de Wong a déclaré : « Le ministre Wong a soulevé ces allégations à plusieurs reprises et a clairement fait savoir directement à Israël que l’Australie s’attend à une enquête indépendante et transparente. »
L’ambassade israélienne a qualifié les militants d’« agitateurs professionnels » cherchant à nuire à la réputation d’Israël.
« À l’heure actuelle, aucune preuve crédible n’a été soumise à l’ambassade d’Israël suggérant que des participants à la flottille aient été agressés sexuellement », a déclaré l’ambassade dans un communiqué ce mois-ci.
« De telles affirmations ne sont pas fondées et semblent destinées à faire avancer la campagne de diffamation plus large des provocateurs contre Israël.
« Comme pour toute allégation sérieuse, la détermination de la culpabilité nécessite une plainte officielle, une enquête approfondie et soit étayée par des preuves crédibles, et non par des entretiens avec les médias et des ouï-dire. »
Les militants se sont dits déçus que Wong ait indiqué que le gouvernement ne répondrait pas à leurs autres demandes, notamment l’expulsion de l’ambassadeur israélien et la fin de la fourniture à l’armée israélienne de composants militaires de fabrication australienne.