Revue So Young, revue de l’Australian Chamber Orchestra

C’est un excellent ensemble qui fait bouillonner ce chaudron de questions, avec des accents écossais passagères aussi. Waters, les yeux écarquillés et tentaculaire dans ses mouvements, incarne un homme un peu perdu dans la vie, enclin aux gaffes mais doux. McGlynn accomplit un travail important pour surmonter le cliché de son personnage, celui d’un harridan moralement juste.

Henry Nixon, avec son allure enfantine et sa présentation sincère, ne considère pas Milo comme miteux ou délirant. Aidara y contribue certainement : sa Greta rayonne de force naturelle, d’intelligence animée et de sang-froid intrépide.

Lorsque les personnages se séparent en paires de partenaires opposés, une peur sordide laisse présager. Un blocage subtil et un langage corporel suggèrent que nous sommes peut-être sur le point d’assister à de véritables « mauvais comportements » affichés. Le fait que le complot n’ait pas abouti à ce point de crise évident a été un immense et louable soulagement.

Deux symboles étonnamment poignants sont à l’œuvre dans le conte de Maxwell. L’une est une anecdote gorgée de vin sur le rugissement paralysant d’un lion. L’autre est une bouteille de whisky japonais non ouverte. Il sera peut-être servi un peu trop soigné à la fin, mais Si jeune est un truc fort et solide, opposant le « présent façonnable » au « passé irréconciliable ».

MUSIQUE
Le cercle de Cocteau
Orchestre de chambre australien
Récital à la salle municipale, le 8 novembre
Évalué par PETER McCALLUM
★★★½

En 1918, alors que la France en état de choc s’adaptait à la perspective de la paix, l’écrivain, cinéaste et mathématicien d’avant-garde Jean Cocteau a produit un petit recueil d’aphorismes opiniâtres, qui est devenu, pour un temps, le manifeste non officiel des six compositeurs, George Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Germaine Tailleferre et Francis Poulenc, alors connus sous le nom de , mais plus tard simplement baptisés .

La musique française, affirmait Cocteau, devrait résister à l’influence séduisante de Debussy, Stravinsky et Wagner en faveur de la simplicité découverte par Satie. L’informalité, la légèreté, l’irrévérence et l’esprit du music-hall doivent toujours être préférés à la musique qu’on écoute « la tête dans les mains ».

En fait, tout sentiment d’esthétique collective parmi ces compositeurs s’est rapidement dissous, mais l’esprit de ce moment a perduré.

Le Gateau Chocolat a supervisé les débats au City Recital Hall.Crédit: Cornichons Edwina

L’Orchestre de chambre australien sous la direction de Richard Tognetti avec le directeur Yaron Lifschitz, le chanteur travesti et maître du Gateau Chocolat et la soprano à la voix vraie et chanteuse talentueuse Chloe Lankshear ont uni leurs forces pour évoquer cet esprit.

Des extraits de pièces de certains d’entre eux et de leurs contemporains ont été tissés entre eux, commentés par Le Gateau Chocolat et cinq intermèdes subtilement allusifs d’Elena Kats-Chernin.

Barbu, mesurant 198 centimètres et vêtu de différentes teintes d’outrage à chaque apparition, Le Gateau Chocolat a lié l’irrationalité anarchique de l’époque avec la flexion des genres et la drague modernes.

Il a mélangé des basses profondes et du fausset dans la chanson de Bess Je t’aime, Porgy de Gershwin, bien que sa difficulté à tisser des lignes mélodiques avec des nuances ait rendu sa précédente interprétation lente de Gershwin moins réussie.

Lankshear a chanté l’opérette du compositeur suisse Henri Christine avec une voix pure, richement colorée et une flexibilité vive. Sa lecture par Lili Boulanger, tragiquement éphémère, l’un des véritables génies émergents de l’époque, était sombre et saisissante et constitue un moment fort musical du programme.

Lankshear a clôturé la soirée avec une interprétation d’une simplicité touchante d’Edith Piaf, décédée la veille de Cocteau, son ami proche.

Le point culminant des numéros instrumentaux a été le premier mouvement du Concertino pour piano et orchestre de Jean Francaix, exécuté avec une légère agilité par le pianiste Stefan Cassomenos. Avec des cuivres et des percussions en visite, Tognetti et l’ACO ont bien capturé la manière dont les compositeurs de cette période créaient la désorientation et la distance à travers des mélanges inhabituels et un équilibre non conventionnel.

Ils ont commencé par un d’Auric, auquel ont contribué des extraits anguleux de Stravinsky, et se sont terminés par l’énergie polytonale et l’exubérance de Milhaud (un ballet de Milhaud et Cocteau, qui a donné son nom à leur boîte de nuit préférée).

Le premier mouvement du Quatuor à cordes de Tailleferre flottait d’une manière caressante, même si les arrangements des mouvements des Quatuors de Ravel et de Debussy étaient moins précis en termes de hauteur. Restreindre la musique à des extraits de style cabaret a entraîné quelques frustrations, mais a aiguisé l’appétit d’entendre des performances complètes des nombreux joyaux négligés de l’époque.