Je dois admettre une certaine appréhension à l'approche de cette mise à jour du thriller psychologique Gaslight de Patrick Hamilton de 1938, dont le titre est devenu un raccourci pour une manipulation psychologique si extrême que la victime commence à douter de sa propre santé mentale.
Je craignais que les dramaturges canadiens Johanna Wright et Patty Jamieson modernisent si grossièrement la pièce, amplifient et soulignent sa pertinence qu'elle devienne une conférence post-Me Too, comme cela se fait régulièrement sur grand écran et dans les séries télévisées.
Gaslight met en vedette Toby Schmitz et Geraldine Hakewill.
Mes pressentiments se sont révélés totalement infondés puisque Wright et Jamieson ont magistralement dépouillé et rafraîchi la pièce de Hamilton (tout en empruntant à la version cinématographique plus connue de George Cukor de 1944 avec Charles Boyer et Ingrid Bergman) tout en préservant son intégrité d'époque.
En effet, je me suis émerveillé de voir comment les acteurs merveilleusement talentueux ont réussi à pleinement habiter cette histoire d'une maison édouardienne remplie d'un patriarche étouffant et moralisateur, de sa femme émotionnellement fragile et d'une paire de serviteurs qui surveillaient depuis les bords tout en maintenant un légère distance ironique par rapport à l'action
Il s'agissait d'une soirée de théâtre commercial élégante et divertissante du genre qui dominait autrefois le West End et Broadway et qui est peu vue aujourd'hui, en particulier à Perth.
Situé à Londres en 1901, Gaslight s'ouvre avec la maîtresse de maison, Bella Manningham (Maddison Burridge la nuit où j'ai vu le spectacle mais Geraldine Hakewill pour la diffusion régulière) qui se défait lentement face à une série d'événements inexplicables.
Des objets autour de la maison disparaissent, un tableau est retiré du mur et caché quelque part, un collier de perles laissé à Bella par sa mère a disparu et il y a des bruits inquiétants venant du grenier que seule Bella peut entendre. Et elle seule remarque que les lampes à gaz diminuent très légèrement (un formidable dispositif théâtral).
Le mari de Bella, Jack (Toby Schmitz), est tellement inquiet qu'il engage une nouvelle femme de chambre, Nancy (Courtney Cavallaro), dont l'attitude impertinente et sarcastique sert à ébranler davantage sa maîtresse, qui craint de perdre la tête.
Jack est tellement inquiet qu'il confie à la vieille gouvernante Elizabeth (Kate Fitzpatrick) qu'il envisage de quitter la maison parce que sa sombre histoire – un ancien propriétaire a été assassiné lors d'un vol – envoie sa femme à bout.