Les Australiens puisent dans leur tirelire juste pour joindre les deux bouts

En dollars et en cents, cela représente environ 56 milliards de dollars, soit presque ce que le gouvernement fédéral dépensera pour la pension de vieillesse au cours de l'année à venir.

Et ces 56 milliards de dollars n’ont pas servi à augmenter le volume de biens et de services achetés par les ménages. Ils l’ont utilisé pour suivre les augmentations de prix.

En d’autres termes, pour continuer à acheter la même quantité de produits, les Australiens puisent dans leurs tirelires, leurs pots de confiture et leurs comptes en ligne pour joindre les deux bouts.

Gareth Aird, responsable de l'économie australienne à la Commonwealth Bank, estime que ces épargnes excédentaires, en dehors de celles liées aux facilités de compensation et de retirage des prêts hypothécaires, auront disparu d'ici la fin de l'année.

La lecture erronée de l’état de l’épargne des ménages ne fait que souligner la situation délicate dans laquelle se trouve l’économie.

Une croissance de 0,1 pour cent est catastrophique. Le PIB par habitant a chuté de 1,6 pour cent depuis son sommet atteint à la mi-2022. En dehors d’une profonde récession, on ne constate pas une telle baisse du PIB par habitant.

Le revenu national net disponible par personne a chuté de 656 dollars par trimestre, soit environ 3,6 pour cent au cours de la même période.

Chacun de ces chiffres crie à une « économie en difficulté ».

Comme l’a souligné Brendan Rynne, économiste en chef de KPMG, l’économie est « à un battement de cœur d’une récession ».

Tout cela exerce une pression supplémentaire sur les réductions d’impôts du 1er juillet (qui, rappelons-le, sont soutenues par les deux côtés de la politique).

Si les ménages limitent leurs dépenses ou dépensent uniquement pour l’essentiel et mettent ce qui reste dans leur boîte à confiture, l’économie devrait alors reprendre son élan au cours du second semestre. Si l’inflation diminue légèrement, une baisse des taux d’intérêt avant Noël reste une bonne chance.

Mais si les ménages, enfin soulagés, se précipitent et dépensent, la Banque de réserve pourrait alors se sentir encline à appuyer sur la gâchette d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt.

Même une ambulance remplie d’ambulanciers économiques ne serait pas en mesure de réanimer le patient.