Cette section sur le pardon est la plus convaincante du livre car elle aborde rigoureusement le fardeau des attentes que le pardon peut imposer, en particulier aux peuples autochtones ; la manière dont les agresseurs peuvent en faire une arme ; la chimie curative de la justice réparatrice ; et les bienfaits pour la santé mentale du pardon et du pardon.
Il ne peut y avoir de doute sur les sentiments de Brillant Brillant, son désir d’un monde gouverné par les meilleurs anges de notre nature et son appel vibrant à chacun de nous pour permettre à la grâce de guider nos actions. J’ai cependant quelques réserves sur la logique interne du livre. Bien qu’il présente plus de cohérence structurelle que les travaux précédents de Baird, le best-seller Phosphorescenceil y a encore des chapitres entiers, son ode au feu des adolescentes par exemple, qui n’ont qu’un rapport ténu avec le thème principal et se sentent mis à l’écart.
Au niveau argumentatif, une logique déroutante est également en jeu. Tout en plaidant en faveur de la « beauté morale », la première impulsion de Baird est de rechercher des « preuves » de sa validité et de sa valeur en citant des études scientifiques. Cette soif de certitude, cette envie de clouer un état qui, de par sa nature, ne peut être cloué, la conduit parfois dans le domaine de la pseudo-science.
L’exemple le plus frappant est lorsqu’elle examine les tentatives d’un médecin du début du XXe siècle pour prouver l’existence de l’âme en pesant un corps humain avant et immédiatement après la mort, concluant que l’âme pesait 21,3 grammes. Tout en notant que ces découvertes ont été accueillies avec scepticisme, Baird ne remet jamais en question l’hypothèse selon laquelle l’âme pourrait être quelque chose qui peut être mesuré de cette manière.
Vers la fin du livre, elle observe que « la science ne peut pas facilement mesurer la grâce, en grande partie parce que l’ineffabilité et le mystère sont au cœur de la grâce ». Mais, ajoute-t-elle, beaucoup commencent à essayer, citant un prêtre franciscain qui écrit sur l’énergie dans l’espace entre les particules atomiques et entre les planètes et les étoiles. « De même, la grâce se produit dans l’espace entre les gens », explique Baird. Absolument. Mais ceci n’est pas une affirmation d’un fait scientifique, c’est la science comme métaphore.
L’élévation et la puissance de Brillant Brillant n’a pas grand-chose à voir avec les preuves scientifiques. Cela se retrouve dans la manière dont elle donne une nouvelle actualité à la grâce en faisant passer cette condition belle et insaisissable des marges théologiques au courant dominant et en montrant, avec passion et verve, à quel point elle peut être discrètement transformatrice.
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