Les sept éléments stratégiques qui décideront de la finale masculine entre Novak Djokovic et Stefanos Tsitsipas

Si un rallye atteint deux chiffres en finale et que les choses semblent neutres dans le rallye de base, sachez que Djokovic s’est déjà manœuvré de manière invisible dans une position gagnante.

2 : Des revers… et encore des revers

Djokovic a sans doute le meilleur revers de l’histoire du sport. Il cherchera à prendre sa formidable arme à deux mains et à marteler sans cesse le revers à une main de Tsitsipas. C’est un décalage incontestable en faveur du Serbe.

Lorsque vous voyez des revers échangés dans les deux sens sur le terrain de la publicité, sachez que Djokovic est aux commandes et que Tsitsipas cherche un moyen de sortir de la cage des revers.

3 : Rallyes de base = gros avantage pour Djokovic

Djokovic mène le tournoi en points de base gagnés à 55,8% (352/630), largement supérieur aux 49,8% de Tsitsipas (320/642). Il est difficile d’imaginer que Tsitsipas a atteint une finale du Grand Chelem en remportant six matchs sur six, mais qu’il a perdu plus de points en ligne de fond qu’il n’en a gagnés.

Il sera presque impossible pour Tsitsipas d’avoir un record de victoires (supérieur à 50%) dans les rallyes de base en finale. D’autre part, Djokovic est pratiquement un verrou pour être en territoire positif.

4 : Points nets = un refuge pour Tsitsipas

Comprendre la stratégie de tennis peut être assez simple. Imaginez Tsitsipas frapper une balle profonde et extraire un tir court en retour. C’est une balle «50-50» qu’il pourrait soit rester en arrière et rallier, soit s’aventurer vers le filet pour tenter de terminer le point. S’il reste en arrière, il est plus susceptible de perdre le point. S’il avance, il a plus de chances de gagner le point. C’est vraiment aussi simple que cela.

Si Tsitsipas hésite à se manifester sur quoi que ce soit, Djokovic l’aura rapidement sur une corde côte à côte au fond du terrain avec le manomètre qui monte en puissance sur l’aile du revers.

Si Tsitsipas se présente, il devra affronter la tempête d’un coup de passe de Djokovic, mais au moins il exercera une pression croissante sur son adversaire. Si Tsitsipas s’engage pleinement à se manifester, la pression montera alors qu’il demande à Djokovic de frapper des dizaines de coups gagnants pour triompher. L’alternative pour Tsitsipas est de creuser une tranchée à l’arrière du terrain, en sprintant côte à côte en s’accrochant à la vie.

5 : Service et volée

Lors de la finale de l’US Open 2019, Rafael Nadal a battu Daniil Medvedev 7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4. Le service et la volée n’étaient pas à l’ordre du jour pour aucun des joueurs dans leurs plans de match d’avant-match, mais la finale a explosé avec 49 points de service et de volée car aucun d’eux n’a pu se forger un avantage au fond du terrain. Medvedev a remporté 20/29 au service et à la volée, tandis que Nadal a gagné 17/20.

Tsitsipas doit doubler cette stratégie contre Djokovic car elle garde des points courts et évite le saignement inévitable dans les échanges de base brutaux. Djokovic bénéficiera également du service et de la volée car cela aidera à empêcher Tsitsipas de bloquer les retours devant le tribunal. Ces retours flottants seront des choix faciles lors du service et de la volée.

6 : Retours en jeu

Imaginez ce scénario, qui se jouera à plusieurs reprises en finale. Tsitsipas écrase un gros premier service, et Djokovic obtient en quelque sorte une raquette dessus et remet le retour en jeu. Qui est désormais le favori pour remporter le point ? Remarquablement, Djokovic le sera.

Au cours de la saison 2022, Djokovic a été le seul joueur à gagner au nord de 50% (50,3%) des points de retour du premier service lorsque le retour est revenu sur le terrain. C’est une autre raison solide pour laquelle Tsitsipas devrait beaucoup servir et voler, car il est statistiquement préférable de frapper une première volée plutôt que de gratter un retour profond de la ligne de fond avec un revers défensif.

7 : Deuxième service de Djokovic

Les deux joueurs ont un record de victoires sur les points de deuxième service, ce qui est un effort solide étant donné que la moyenne du tournoi n’est que de 50,6% (5283/10 428).

Djokovic est le maître des emplacements de mélange sur les deuxièmes services, et a davantage servi au retour du coup droit de son adversaire contre le corps ou au revers pour le tournoi.

Tsitsipas utilise une stratégie traditionnelle de deuxième service consistant à servir principalement sur le lieu du bourrage de revers. Il doit être assis sur le deuxième service du coup droit beaucoup plus que la normale et doit avoir plus de variété avec son propre emplacement de deuxième service, car Djokovic a le meilleur retour de revers du match.

À bien des égards, la finale semble raisonnablement égale sur une feuille de statistiques. Ce n’est pas. Djokovic est un favori prohibitif, et Tsitsipas doit sortir de sa zone de confort et attaquer tôt et souvent au point de provoquer la surprise.