Un point de basculement se profile sur la réinitialisation entre l’Australie et la Chine de plus de 20 milliards de dollars d’interdictions commerciales

Si la Chine ne supprime pas les droits de douane sur le vin ou l’orge avant ou pendant ces visites, les choses vont devenir très délicates pour le gouvernement australien.

Canberra ne veut pas qu’une visite ait lieu sans qu’au moins un de ces différends ne soit réglé.

La Chine a imposé des interdictions commerciales sur les exportations australiennes, notamment l’orge, le vin, le bœuf et les fruits de mer.Crédit: Bloomberg

La difficulté pour Pékin est de savoir comment il parvient à lever les interdictions commerciales tout en sauvant la face. Il veut démêler les tarifs de l’orge et du vin sans admettre que tout a été fait à des fins coercitives en réponse à l’appel de l’Australie pour une enquête indépendante sur COVID-19.

Il ne fait aucun doute que cela teste également la détermination de l’Australie en cours de route.

Mais il y a une bretelle de sortie à venir.

Pékin dispose d’environ deux mois pour achever son examen des tarifs de l’orge; sinon, l’Australie s’est engagée à reprendre le différend par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale du commerce.

Dans l’immédiat, les responsables australiens travaillent d’arrache-pied pour réaliser une percée sur certaines autres interdictions non officielles, telles que celles sur les fruits de mer et le bœuf.

Il devrait être plus facile d’obtenir une concession dans ces domaines car Pékin n’a pas à sauver la face. La Chine n’a jamais annoncé que ces exportations étaient interdites, il lui suffit donc de recommencer à les laisser entrer.

L’autre défi pour l’Australie est de savoir comment elle répondra à toute demande de la Chine en échange de la levée des interdictions commerciales. Farrell a déjà repoussé les appels chinois demandant à l’Australie d’assouplir ses règles en matière d’investissement étranger, mais il a laissé la porte ouverte à l’adhésion de Pékin à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressif.

Toute contrepartie flagrante démontrerait à Pékin que sa coercition économique a fonctionné et créerait un précédent problématique.

Peut-être plus important encore, il reste l’affaire de deux citoyens australiens emprisonnés, le journaliste Cheng Lei et l’écrivain Yang Hengjun, que Farrell a évoquée vendredi avec son homologue.

Le dégel des relations avec Pékin a fait renaître l’espoir qu’une percée puisse être atteinte sur les deux affaires, mais il n’y a aucun signe d’une libération imminente.

S’il n’y a pas de progrès sur l’une de ces questions, l’Australie devra retourner à la planche à dessin.