Blanc de Blanc Encore au Spiegel Haus Melbourne ; Joost Lijbaart et Wolfert Brederode au JazzLab de Brunswick

Certes, le style rétro des années 1920 peut donner à certaines « méchancetés » un aspect très courant un siècle plus tard, mais cela reste un divertissement immersif d’une compagnie de renommée internationale et une façon amusante d’ouvrir une nouvelle salle de spectacle au cœur d’une ville connue pour cacher ses trésors les plus vibrants dans les ruelles et les coins cachés.

Évalué par Cameron Woodhead

Musiciens de jazz Joost Lijbaart et Wolfert Brederode.

JAZZ
Joost Lijbaart et Wolfert Brederode ★★★★
Le JazzLab, le 5 novembre

Patience. C’est le mot – et la qualité – qui m’est venu à l’esprit en écoutant Joost Lijbaart et Wolfert Brederode jouer et en réfléchissant à ce qui rendait leur musique si séduisante.

Le batteur et le pianiste (tous deux originaires des Pays-Bas) jouent ensemble dans divers contextes depuis plus de 20 ans, et leur connexion musicale est si finement aiguisée qu’ils peuvent communiquer avec le moindre geste. Leur dernière tournée en Australie remonte à 2018 au sein d’un superbe quatuor dirigé par le saxophoniste Yuri Honing, mais c’est peut-être en mode duo que leurs antennes créatives s’affichent le plus clairement.

Joost Lijbaart et Wolfert Brederode sont tous deux originaires des Pays-Bas.

Joost Lijbaart et Wolfert Brederode sont tous deux originaires des Pays-Bas.

Au JazzLab mercredi, chacun de leurs deux sets s’est déroulé comme un échange continu et tranquillement convaincant d’idées et d’énergie. Brederode et Lijbaart sont des conteurs musicaux, mais leurs histoires sont pour la plupart improvisées, l’arc narratif étant façonné à chaque instant et la conclusion inconnue jusqu’à ce qu’elle arrive.

D’où la patience. Plutôt que de fabriquer des drames ou des séquences culminantes pour garder le public engagé, ces musiciens ont simplement créé de l’espace et ont attendu que de nouveaux thèmes, directions et détours se révèlent.

Au piano, Brederode façonnait des volutes d’abstraction sombre dans les contours d’une mélodie avant de la laisser se dissoudre, ou amenait des motifs harmoniques dans une rivière luxuriante et coulante avant qu’elle ne fonde elle aussi. La beauté était partout, teintée de mélancolie et de nostalgie, comme si Brederode s’accrochait à quelque chose – un souvenir, une expérience, un sentiment – ​​juste hors de portée.

Dans ce contexte, les tambours et les percussions de Lijbaart étaient rarement utilisés pour chronométrer. Au lieu de cela, ils ont produit des couleurs et des textures qui rehaussaient ou contrastaient subtilement avec les explorations atmosphériques de Brederode.

Oui, Lijbaart pouvait invoquer un balancement propulsif ou un mélange polyrythmique pour pousser la musique vers un groove. Mais le plus souvent, il évoquait un sentiment de mystère ou de rituel avec le carillon résonnant d’une cloche de temple, le bruissement d’un shaker en perles ou le chant d’un oiseau d’une flûte en bois.

L’écoute attentive et le souci du détail du duo nous ont invités à nous pencher et à écouter attentivement également, évoquant un enchantement dont nous hésitaient à sortir.

Évalué par Jessica Nicolas