Ce thriller français captivant et rapide explore « l'arnaque du siècle »

D'argent et de sang (D'argent et de sang) ★★★★

Basée sur un livre de 2018 du journaliste d'investigation Fabrice Arfi sur un crime surnommé « l'arnaque du siècle », cette série française soignée déclare d'emblée qu'il s'agit d'une « œuvre de fiction basée sur des événements réels », ajoutant qu'elle « aspire à être de l’art, pas du documentaire ».

Ramzy Bedia dans le rôle d'Alain Fitoussi, le dandy flamboyant, analphabète et à la bouche motrice derrière la soi-disant arnaque du siècle qui a volé des milliards de dollars au gouvernement français.

La première incursion dans la télévision du cinéaste Xavier Giannoli (Marguerite, Illusions perdues), c'est un thriller captivant et intelligemment conçu qui traite d'un stratagème visant à voler des milliards au gouvernement français et aux personnes impliquées dans l'affaire des deux côtés de la loi.

Tous les films ou séries télévisées abordant ce type de matériel ont du pain sur la planche. La criminalité financière n'a rien de spectaculaire et une grande partie du travail nécessaire peut paraître carrément ennuyeux : les agents des forces de l'ordre assis devant des ordinateurs, parcourant les relevés bancaires, les relevés téléphoniques, les photographies de surveillance et les images de vidéosurveillance, griffonnant parfois des diagrammes sur des tableaux blancs.
Contrairement à d'autres crimes privilégiés à l'écran – meurtres, attentats à la bombe, vols – ce n'est pas visuellement saisissant, donc le rendre engageant est un défi. Adam McKay a eu recours de manière mémorable à mettre Margot Robbie dans un bain moussant pour expliquer les prêts hypothécaires à risque Le grand court.

Le défi pour Giannoli, le co-scénariste Jean-Baptiste Delafon et le co-réalisateur Frédéric Planchon est encore amplifié par la complexité du crime, qui implique l'exploitation du système de crédits carbone établi par le protocole de Kyoto de 1997. Pour se concentrer sur les problèmes et les animer, ils façonnent d'abord leur histoire autour de quelques personnages clés radicalement différents.

Vient d’abord le douanier calme et intense Simon Weynachter (Vincent Lindon), qui a commencé à témoigner en 2017 devant un tribunal de grande instance de Paris, racontant l’historique de l’enquête qu’il a dirigée plus d’une décennie plus tôt. Son témoignage sert de pont entre les flashbacks à travers lesquels l'histoire est racontée.

Ancien juge, c'est un fonctionnaire au regard dur qui a persuadé le gouvernement français de créer une unité dédiée aux enquêtes sur la criminalité financière, arguant qu'« il est plus facile de manipuler les marchés financiers que de braquer une banque ». Il est implacable, voire obsessionnel, dans son engagement à poursuivre ces criminels, arguant que voler l'État équivaut à détourner des fonds qui pourraient autrement être utilisés pour les hôpitaux, l'éducation, les routes et l'application de la loi.

L'agresseur qu'il identifie pour la première fois dans son témoignage est Alain Fitoussi, flamboyant, analphabète et moteur (Ramzy Bedia, qui est surtout connu comme acteur de comédie et s'empare du rôle avec enthousiasme). Immigré tunisien surnommé « Fitous le dandy », il est économiquement établi comme un lâche. Nous le rencontrons dans une séquence rapide à Manille, dirigeant une arnaque impliquant la création de sociétés écrans dans le monde entier. Opérant à toute vitesse, il ment avec empressement, embrouille et intimide ceux qui l'entourent.

Alors que l'histoire s'ouvre, il est rejoint par son cousin, Bouli (David Ayala), qui garde un œil attentif sur les marchés financiers mondiaux et voit une opportunité dans les systèmes émergents et non réglementés d'échange de droits d'émission de carbone. « C'est le Far West », s'émerveille Fitoussi, se léchant presque les lèvres d'impatience alors qu'ils tentent d'attirer un riche investisseur pour financer leurs projets. Les cousins ​​appartiennent à une communauté d'immigrés juifs vivant dans le quartier multiculturel de Belleville à Paris, un groupe décrit comme ouvrier dans ses origines et tribal dans ses loyautés.