Fatima Payman a porté un dur coup au parti travailliste. Et elle n'a pas fini.

La décision de Payman de changer de parti il ​​y a deux semaines et de voter avec les Verts sur une motion reconnaissant la Palestine a mis en lumière les anciennes règles du Parti travailliste qui interdisent de changer de parti, sous menace implicite d'expulsion, et a montré à quel point le décret semble daté à une époque où les gens respectent davantage le fait de s'exprimer que de se taire pour travailler avec le collectif.

Dans un parti de plus en plus diversifié, le Parti travailliste devrait relâcher un peu la discipline de fer qui consiste à appliquer le vote par étape, sinon il sera à nouveau confronté à des députés qui, comme Payman, choisissent de faire défection plutôt que de suivre la ligne du parti.

L'ancienne sénatrice travailliste Fatima Payman quitte le Sénat après avoir siégé pour la première fois sur le banc parallèle.Crédit: James Brickwood

Mais ne vous attendez pas à ce que cela arrive.

La défection de Payman crée deux problèmes politiques pour le parti travailliste. Tout d'abord, il perd un nombre important de sénateurs et devra obtenir un vote supplémentaire des non-inscrits sur les projets de loi controversés. Le vote de la sénatrice de l'Australie occidentale ne peut clairement pas être tenu pour acquis et elle restera au parlement pendant encore quatre ans.

Le deuxième problème est de faire face à la colère de la communauté, à la fois parmi les musulmans australiens et, plus largement, parmi ceux qui soutiennent la quête d’un État palestinien et la fin de la guerre à Gaza.

La défection de Payman va alimenter cette colère et il y a de fortes chances qu'un nouveau parti politique cherche à exploiter cette désaffection et à cibler les sièges travaillistes pour obtenir des votes de protestation.

Ce sont de graves problèmes pour le parti travailliste.

Mais Payman s'est aussi fait du tort. Sa décision de travailler avec Glenn Druery, le spécialiste des préférences, laisse entrevoir un degré de préméditation qui exaspérera ses anciens collègues. Au sein du Parti travailliste australien, elle rejoint Billy Hughes et Mal Colston parmi les députés considérés comme ayant dénoncé le parti.

Ses affirmations selon lesquelles elle aurait soulevé des inquiétudes quant à la position du Parti travailliste et à sa gestion de la question palestinienne ne concordent pas avec les récits de plusieurs collègues.

Et son affirmation selon laquelle « contrairement à mes collègues, je sais ce que l’on ressent lorsqu’on subit une injustice » et que le gouvernement albanais est « indifférent » à ce qui se passe à Gaza est insensible.

De nombreux députés travaillistes, y compris ceux issus des Premières Nations d'Australie, savent ce que c'est que de mener une vie difficile.

Il y a aussi de nombreux députés travaillistes qui sont horrifiés par ce qui se passe à Gaza, mais qui sont restés dans la tente et ont essayé d’apporter des changements de l’intérieur, notamment les ministres musulmans Ed Husic et Anne Aly.

Que le sénateur, en poste pour la première fois, rejoigne ou non un nouveau parti qui cherche à parler au nom des Australiens musulmans, Payman a mis en évidence les lignes de fracture au sein des membres du Parti travailliste, du parti parlementaire et de la communauté au sujet de la Palestine.