L’un des films les plus convaincants que vous verrez cette année

★★★★½ novembre
(M) 107 minutes

Il semble grossier de décrire Novembre comme thriller. Son dédain méticuleux pour les faux héroïques rend son intégrité aussi remarquable que l’éclat avec lequel il a été assemblé.

C’est une anatomie de l’enquête sur la série d’attentats terroristes qui ont paralysé Paris en 2015, culminant avec le massacre de la salle de concert du Bataclan, et c’est l’un des films les plus convaincants que j’ai vus depuis longtemps.

Jean Dujardin joue en novembre.Crédit: StudioCanal

Il monte en flèche avec un sentiment d’urgence reflétant l’anxiété que les officiers de la SDAT, la police antiterroriste française, ont dû ressentir alors que le centre de la ville était convulsé par les six attentats qui ont éclaté à quelques minutes d’intervalle, laissant 130 personnes. morts et des centaines de blessés.

A bon escient, le réalisateur du film, Cedric Jimenez, ne cherche pas à recréer le carnage. Le scénario d’Olivier Demangel se concentre exclusivement sur l’après-coup. Il n’y a pas non plus de temps pour les présentations. On ne nous montre pas Fred (Jean Dujardin), le commandant de l’opération, et sa patronne, Héloïse (Sandrine Kiberlain), s’excusant affectueusement auprès des familles qu’ils ne verront pas tant que les terroristes survivants ne seront pas retrouvés et inculpés. Fred passe un bref coup de fil à sa femme, qui reste invisible, et c’est tout. Nous apprenons à le connaître ainsi qu’à ceux avec qui il travaille à la volée alors qu’ils luttent pour négocier la piste sinueuse d’indices, à la fois faux et authentiques, qui, espèrent-ils, mèneront au succès.

Anaïs Demoustier incarne Ines en novembre, un film centré sur les suites d'un attentat terroriste bien réel.

Anaïs Demoustier incarne Ines en novembre, un film centré sur les suites d’un attentat terroriste bien réel.Crédit: StudioCanal

Quatre se retrouvent au centre des recherches : Fred, Héloïse, Marco (Jérémie Renier), le coordinateur de la force et Ines (Anais Demoustier), la plus jeune et la moins expérimentée. C’est elle qui se retrouve face à un témoin crucial, Sami (Lyna Khoudri), qui dit ou non la vérité sur le sort d’Abdelhamid Abaaoud, l’homme soupçonné d’avoir orchestré les atrocités.

D’une manière ou d’une autre, Jimenez et Demangel réussissent à maintenir le sentiment d’intimité avec lequel nous sommes liés à ces personnages sans ralentir l’élan du film. Et plus miraculeusement encore, ils rendent justice à l’intrigue, dans toute sa complexité, sans sacrifier le rythme ni la clarté.

Alors que la caméra toujours mobile de Jimenez amplifie l’énergie agitée, elle est précisément focalisée. Vous regardez quelque chose qui donne l’illusion que des événements se déroulent au fur et à mesure qu’ils se produisent, mais les émotions ne manquent pas. Les doutes sont levés, les intuitions sont suivies et les risques pris en sachant qu’un seul faux pas peut avoir des conséquences désastreuses.