La chaîne ABC recevra 50 millions de dollars supplémentaires sur trois ans pour financer de nouveaux contenus australiens, notamment des programmes pour enfants et des dramatiques, grâce à un amendement au projet de loi gouvernemental sur les quotas de streaming, qui a été adopté jeudi par le Parlement fédéral.
L’amendement a été proposé par les Verts en échange de leur non-opposition au projet de loi au Sénat, permettant ainsi au ministre des Arts, Tony Burke, de présenter une législation qui devait être mise en place d’ici le 1er juillet de l’année dernière.
L’augmentation surprise du financement pourrait aider l’ABC à dénicher le prochain Bluey.Crédit: abc
L’amendement à la loi sur les services de radiodiffusion – sous le titre Exigence de contenu australien pour les services de vidéo à la demande (streaming) par abonnement – a été présenté mercredi à la Chambre des représentants. Le gouvernement a utilisé sa majorité dans cette chambre pour rejeter les amendements proposés par les députés indépendants Allegra Spender et Zali Steggall, ainsi que par le porte-parole de l’opposition pour les arts, Julian Leeser.
Les nouvelles règles, qui entrent en vigueur le 1er janvier, imposent pour la première fois une obligation de contenu local aux streamers comptant plus d’un million d’abonnés.
Netflix, Stan, Amazon Prime, Disney+ et Paramount+ seront obligés de consacrer soit 10 pour cent de leurs dépenses en programmes pour ce pays, soit 7,5 pour cent de leurs revenus australiens (provenant des abonnements, de la publicité et de toute autre source) à la commande et à la production de programmes australiens de fiction, de comédie, pour enfants, de documentaires, d’arts ou d’éducation.
Apple TV+ et HBO devraient bientôt franchir le seuil.

Tous les streamers comptant plus d’un million d’abonnés devront financer le contenu australien.Crédit: L’âge
Ces prélèvements, ou obligations d’investissement, sont nettement inférieurs aux 20 pour cent recherchés initialement par le secteur de la production et auxquels les Verts étaient restés attachés. Cependant, les négociations ont été embourbées par des inquiétudes concernant d’éventuelles violations de l’accord de libre-échange entre l’Australie et les États-Unis. Ces inquiétudes n’ont fait que s’intensifier depuis que le président américain Donald Trump a lancé sa campagne tarifaire après son retour au pouvoir en janvier.
Répondant mercredi à la chambre basse aux amendements proposés – qui traitaient d’une série de questions, notamment la découvrabilité du contenu australien, les sous-quotas pour des genres spécifiques et l’accès des streamers à la compensation du producteur – Burke a reconnu leur validité mais a insisté sur le fait que « nous ne sommes pas du tout en mesure d’amender le projet de loi ».