Le culte du visionnaire met le pouvoir du peuple à l’épreuve

Pour les masses new-yorkaises aux prises avec des problèmes d’accessibilité financière, Mamdani a lancé un message d’espoir. (C’est d’ailleurs également la plateforme d’abordabilité sur laquelle Trump a mené avec succès sa croisade en 2024.)

Il est compréhensible que les masses l’aient acheté, tandis que le groupe de banquiers d’affaires d’élite qui siègent au sommet d’organisations milliardaires basées dans l’épicentre du pouvoir financier, a dépensé des millions pour soutenir les adversaires de Mamdani.

Mais tenir les louables promesses de campagne, une fois sèches les larmes de joie versées lors du vibrant discours de victoire de Mamdani, sera un test. Les New-Yorkais pourraient donc être confrontés à une confrontation avec la réalité.

Elon Musk veut clairement être le général de son armée de robots.Crédit: Getty

Pendant ce temps, la campagne de Musk – qui est également pleine de promesses – pourrait être qualifiée d’extorsion légale.

Bien sûr, il s’agit des récompenses financières potentielles que les actionnaires de Tesla recevraient s’il parvenait à atteindre ses nobles objectifs financiers. Mais cela s’accompagne d’un avertissement inquiétant sur ce que Musk fera/pourra faire s’il perd le vote des actionnaires : quitter l’entreprise.

La présidente de Tesla, l’Australienne Robyn Denholm, a fait passer le message du risque de perdre Musk en tant que directeur général ou du moins de le voir détourné vers d’autres domaines de ses affaires personnelles.

C’est une preuve supplémentaire de la mesure dans laquelle il s’agit d’un conseil d’administration captif et convaincu qu’il n’y a pas de plus grand entrepreneur technologique au monde que Musk.

Bien sûr, il a fait décoller la première entreprise rentable de véhicules électriques au monde, mais son acquisition de Twitter, désormais appelée X, pour 44 milliards de dollars, n’a pas été un triomphe financier et ses projets ambitieux visant à peupler le monde de robots et de taxis autonomes sont en grande partie un travail en cours.

Ainsi, tenter de franchir une série d’obstacles financiers, notamment augmenter la capitalisation boursière de l’entreprise de 1,45 billion de dollars aujourd’hui (2,2 billions de dollars) à 8,5 billions de dollars semble exagéré.

Il s’agit de la réinvention métaphorique de la roue, et les chances que cela se produise dépendent du fait que Musk fasse une pause dans ses projets passionnés qui incluent l’ingérence dans les affaires du gouvernement américain, l’extermination de l’éveil et soi-disant le salut de la civilisation occidentale. (D’ailleurs, l’une de ses distractions les plus récentes a été de tirer sur Mamdani, le qualifiant d’« escroc charismatique » et exhortant les New-Yorkais à voter pour son rival politique Andrew Cuomo.)

Les experts en gouvernance et plusieurs grands actionnaires ne comprennent pas le message selon lequel Musk et le conseil d’administration de Tesla vendent, invoquant des risques asymétriques et une dilution massive des actionnaires.

Mais il y a encore de nombreux actionnaires (et probablement la plupart) qui le considèrent comme une divinité plutôt que de le ridiculiser comme un symbole grotesque des excès technologiques.

Ils ont adhéré à son message visionnaire et s’y tiennent.